Terrorisme: les conservateurs accusent les libéraux de faire de la politique

OTTAWA — Les conservateurs fédéraux accusent le gouvernement Trudeau d’avoir «fait de la politique» en supprimant de son rapport annuel sur le terrorisme les références à des groupes religieux spécifiques.

Le porte-parole conservateur en matière de sécurité publique, Pierre Paul-Hus, a déploré lundi devant le comité de la sécurité publique et nationale que les libéraux se soient pliés à des «pressions» simplement pour éviter de déplaire à quiconque.

Le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a rappelé que le gouvernement avait décidé de retirer les termes «sikh», «sunnite» et «chiite» du rapport pour éviter de donner l’impression que toute une religion ou une communauté représente une menace pour la sécurité nationale.

Il a assuré qu’il ne s’agissait pas d’un enjeu partisan, mais bien d’une initiative pour être juste, précis et équitable dans la transmission des informations sur les menaces terroristes.

La députée libérale de Brampton, Ruby Sahota, a avoué qu’elle-même avait parlé de cet enjeu avec le ministre Goodale à plusieurs reprises, étant donné que de nombreuses personnes lui avaient fait part de leurs inquiétudes sur les références religieuses dans le rapport.

M. Paul-Hus a reproché aux libéraux d’avoir «édulcoré la réalité» pour répondre aux pressions des communautés religieuses.

«Je comprends que ça peut toucher les communautés, a-t-il expliqué. Là, un moment donné, à quel point la politique doit jouer avec ça, pis qu’on édulcore la réalité pour ne pas blesser personne?»

À la suite de la première publication du rapport en décembre 2018, le gouvernement a essuyé plusieurs critiques — particulièrement des groupes sikhs et musulmans — selon lesquelles la terminologie utilisée n’était pas «suffisamment précise», a expliqué M. Goodale.

Selon ces communautés, le rapport mettait en cause des religions entières, au lieu de cibler les actions dangereuses d’un petit groupe de personnes, a-t-il ajouté.

«Comme je l’ai dit auparavant, les mots sont importants. Et ce n’est pas parce que quelque chose a souvent été dit d’une certaine façon que cela doit être dit de cette façon, maintenant ou à l’avenir», a-t-il soutenu.

Le ministre Goodale avait réclamé une révision de la terminologie utilisée dans le rapport, ce qui avait mené à des consultations, notamment avec les communautés sikhes et musulmanes.

«À l’avenir, nous utiliserons une terminologie centrée sur l’intention ou l’idéologie plutôt que sur une religion entière», avait-il conclu.

Le rapport, qui faisait référence à de l’extrémisme sikh, parle maintenant «d’extrémistes qui soutiennent les actions violentes pour établir un État indépendant en Inde».

Le porte-parole néo-démocrate en matière de sécurité nationale, Matthew Dubé, s’est dit en accord avec ces changements.

 

Jim Bronskill , La Presse canadienne

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