Radio-Canada à supprimé le texte au mois de décembre 2021:

L'industrie pharmaceutique a infiltré et corrompu tous les systèmes de santé publique dans le monde à tous les niveaux : médecins, instituts de recherche, publications scientifiques prestigieuses de même que les agences gouvernementales comme la FDA.

Très peu de gens tirent avantage des médicaments qu'ils consomment. En fait, les médicaments seraient la troisième cause de décès dans les pays riches. En entrevue avec Franco Nuovo, le Dr Fernand Turcotte, professeur au Département de médecine sociale et préventive de l'Université Laval, nous livre les conclusions troublantes du chercheur danois Peter C. Gøtzsche. 
 
Pour sortir de cette situation intenable, il faudrait rien de moins qu'une révolution : abolition des brevets en pharmacie; interdiction de tout marketing et de toute recherche clinique à l'industrie; disqualification systématique de tout expert ayant un conflit d'intérêts, qu'il soit financier ou simplement intellectuel. Notre système de santé serait donc menacé non pas par le vieillissement de la population, mais bien par l'explosion de la pharmaceutique. 


Les médicaments à éviter


Environ 400 spécialités pharmaceutiques – certaines utilisées de façon très courante– contiennent des parabènes, ces conservateurs dont la toxicité et les effets cancérigènes font l’objet de débats scientifiques.

La liste, établie par Le Monde, comprend aussi bien des dentifrices, sirops contre la toux, antibiotiques ainsi que des médicaments utilisés en chimiothérapie anticancéreuse.

Parmi les produits listés on trouve de nombreux cosmétiques pour bébé ; des crèmes comme la Biafine ; de nombreux sirops contre la toux (Clarix, Codotussyl, Drill, Hexapneumine, Humex, Pectosan, Rhinathiol) ; des pansements gastriques (Maalox, Gaviscon) ; des traitements des troubles du transit intestinal (Motilium) ou des nausées et vomissements (Primpéran) ; les formes en suspension buvable de médicaments cardiovasculaires (Cozaar, Vastarel) ou antibiotiques (Josacine, Zinnat) ; des médicaments contre la douleur et la fièvre (formes génériques d’ibuprofène et de paracétamol) ; les traitements de l’asthénie (Sargenor) ; sans oublier les formes génériques de ces médicaments.

Prudence avec les nouveaux produits

La revue indépendante Prescrire a décidé de diffuser un ″Petit manuel de pharmacovigilance″ à destination des futurs professionnels de santé. Cet outil de 79 pages, vendu 7 euros en version papier, est disponible en ligne gratuitement.

Ce ″b.a.-ba″ sur les médicaments, sans être exhaustif, aborde divers groupes de médicaments courants (psychotropes, antibiotiques, anticancéreux, médicaments cardiovasculaires contre l’hypertension ou les graisses du sang, etc.) et les précautions à prendre.

La revue conseille aux futurs professionnels de prendre en compte la balance bénéfice/risques, et à ce titre, de se méfier des médicaments récents. Selon les auteurs, leur prescription ″souvent massive″ est ″largement influencée par la promotion des firmes″. Le désastre du Médiator est en partie la conséquence désastreuse de l’insuffisance de la formation des soignants dans ce domaine, estiment-ils encore.

vioxx

D’autres affaires, comme celle de l’anti-inflammatoire Vioxx, rappellent la nécessité pour les professionnels de santé de se tourner vers des sources d’information, indépendantes de l’industrie, pour ″d’abord ne pas nuire″ aux patients. Destiné principalement à soulager l’arthrose sans la guérir, l’ex-Vioxx, vanté indûment pour sa prétendue ″innocuité digestive″ (pas de trou dans l’estomac), a été retiré du marché en 2004 pour excès d’infarctus. Il avait fait l’objet d’une promotion astucieuse ″pour bénéficier de l’aura des prescriptions hospitalières″ avec un comprimé vendu un centime à l’hôpital, et dix fois plus (environ 10 francs) à la sortie, en pharmacie.

Ce médicament a coûté 125 millions d’euros à l’Assurance maladie en 2003, à comparer aux 3,5 millions attribués la même année par l’agence du médicament (Afssaps) aux centres régionaux de pharmacovigilance, chargés de traquer les effets indésirables des médicaments.

Les recherches ″au petit bonheur la chance″ dans les bases de données courantes (Medline, etc.) ou à l’aide d’un moteur de recherche sur internet n’offrent aucune garantie d’obtenir les informations désirées fiables et actualisées, avertit Prescrire. La revue conseille en revanche un site belge spécialisé (cbip.be).
Fréquence Lumière

Source : Radio Canada Le Monde

 
- Remèdes mortels et crime organisé : comment l'industrie pharmaceutique a corrompu les services de santé, de Peter C. Gøtzsche M.D., traduit par Fernand Turcotte M.D., publié aux Presses de l'Université Laval, 2015. 

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