DÉNONCER LES CRIMINELS DPJ

Témoignage de Kim Lavoie-Dionne

À cause de la DPJ indirectement, je suis devenue lourdement handicapée! (Sourde profonde.) Ma vie a changé du tout au tout. Car, depuis que je suis tombée handicapée subitement à la suite d’un coma avec intubations, la vie est tellement difficile.

Voici ce qui s’est passé : à l’âge de 15 ans (2021), j’ai été placée en centre jeunesse. S’en est suivi 1 an et demi de placement dans une unité de groupe, ensuite on m’a transférée à Boucherville.

Avant ce fameux Boucherville & Longueuil, tout allait si bien! Tout était parfait & exemplaire dans mon dossier!

Bon, 2 jours après mon arrivée à Boucherville, on est tous allés à la bibliothèque de la ville avec les éducateurs. Ils m’ont oubliée à la bibliothèque… Je m’en suis rendu compte 1 h plus tard. Ça leur a pris 45 minutes avant de venir me chercher. Personne ne s’en est rendu compte. J’ai dû appeler l’urgence DPJ pour dire que mon centre m’avait oubliée à la bibliothèque et ils ont ri au téléphone…

Le lendemain, ma TS m’a transférée à Longueuil. Là, où tout a basculé et ma descente aux enfers a commencé.

Bon, la TS m’a présenté ce centre en me disant que 18 filles y vivent, toutes consomment, et que je n’avais pas à avoir peur de tomber là-dedans puisque je n’avais jamais touché à ça.

Moi, je lui ai dit : « Non, je n’irai pas là. Je suis facilement influençable et on a déjà essayé de m’introduire là-dedans et j’y ai échappé de justesse. »

Elle m’a dit : « Tu overdramatise et de toute façon, je ne veux plus t’écouter parler, c’est assez. Tu rentres pis tu vis avec. »

Ce que j’ai fait. Dès ma première journée, on me propose des pilules bleues dans les toilettes. Je refuse. J’arrive en pleurs, je demande à l’éducateur d’appeler ma TS et je lui dis : « Écoutez, je vais finir par tomber là-dedans, c’est sûr. Je me sens déjà influencée. »

Elle m’a dit : « Oh, encore toi, va te coucher, ça va passer, pis si elle t’en propose, tu refuses, c’est simple. De toute façon, je n’ai plus de temps pour toi avant deux ou trois mois, mais je viendrai te voir dans deux ou trois mois, promis. »

Après, silence radio, plus aucun contact, plus de réponse!

Elle est par la suite venue me voir aux trois mois, 15 min bien timées sur la minuterie! Ces rencontres-là étaient les seules fois où je pouvais lui parler, donc aucun appel, requête, urgence, etc. accepté!

Bon, vient le trois mois, donc évidemment une rencontre. Rendu à ce point-là, j’avais cédé. J’étais dans la consommation récréative dans les toilettes avec les filles quand on se croisait.

Plusieurs filles ont fait plusieurs overdoses dans leurs chambres et ont dû être réanimées dans leurs chambres, etc.!

Venu le moment où je suis sortie pour toujours, à ce moment-là, je consommais à outrance et des 500 mg d’un coup et, en plus, ce n’était que des opioïdes!

Donc, entre mars et août, il y a eu 22 hospitalisations aux soins intensifs, 8 arrêts cardiaques, 12 intubations... L’enfer était proche de m’amener au ciel!

En août, l’incident où toute ma vie a basculé…

Une consommation de 500 mg d’oxycodone, pis je suis allée me coucher sans rien dire. Ma mère faisait dodo en haut. Le lendemain matin, mon chiot jappait, elle est donc venue en bas et m’a retrouvée morte une fois de plus.

Sauf que là, ça faisait 12 h que j’étais là, en détresse respiratoire...

Le coma a été long, au moins une semaine et demie.

Quand ils m’ont extubée, je n’entendais rien, fuckall! Et c’est là où j’ai appris que j’étais sourde à vie et que rien ne pouvait être fait!

Et c’est là où j’ai réalisé : si ma TS m’avait écoutée rien qu’un peu au lieu de me traiter d’anxieuse finie, elle aurait pu me sauver de l’handicap.

J’ai tenté tant de fois de signaler, informer, dénoncer, avertir, mais sans succès. On me réduisait au silence! Interdite de sortie de chambre, interdite d’école, une nuit en salle d’isolement, interdite de contact avec qui que ce soit, même famille, etc.

Si j’osais essayer de les avertir de la situation qui se produisait aux toilettes (consommations), automatiquement, j’étais réduite au silence, menacée, battue, etc.!

Pourquoi ne pas m’avoir écoutée? Si on l’avait fait, la situation aurait pu cesser, donc arrêt de consommation, donc plus d’overdose, donc pas de moi handicapée 3 mois plus tard.

Tout ça aurait pu être évité. Il aurait fallu un petit 5 minutes de surveillance des filles et un 5 minutes d’écoute pour moi!

Les éducateurs savaient l’état des filles, les 18, toutes high, saoules, etc. Les yeux rouges, la marche pas droite, le mode zombie (high opioïdes), etc.

Les éducateurs demandaient : « Êtes-vous high, saoules, etc.? » Elles répondaient toutes : « Ben oui, comme d’habitude! »

Aucune conséquence, aucun changement, aucun renforcement...

Mais moi, si j’essayais d’avertir qui que ce soit hors du centre, genre la population, les médecins, l’école, etc.

La TS savait aussi, mais choisissait d’ignorer!

J’ai vite compris que c’était la solution de fermer ma bouche et de vivre avec si je voulais être libre.

Bref, la DPJ est loin d’être ce que vous pensez et, à l’intérieur de leurs murs, il se passe l’horreur sur terre et le pire, personne n’en sera au courant dans la population, car nous sommes réduits au silence!

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